Mini Transat, le film de la deuxième étape

Bonjour à tous,

C’est avec plaisir que je vous présente le film de la deuxième étape de la Mini Transat.

Des îles Canaries à la Martinique,  toute l’histoire de ma première transatlantique en solitaire en 19 Minutes.

Thibaullt

 

Le Film de la Mini Transat de Thibault Michelin !

Bonjour à tous,

C’est avec plaisir que je vous annonce la publication en vidéo de mes aventures su la Mini Transat.

Ci-dessous le film de la 1 er étape. La Rochelle- Les Canaries, 1350 Milles de Course, 10 jours de navigation en Solitaire.

La vidéo de la deuxième étape sera à suivre

Merci pour votre soutient

à bientôt

Thibault

 

 

Transatlantique J-1 . Gran Canaria -Martinique. 

Le départ de la deuxième étape c’est demain !!

Nouvelle de dernière minute : en raison d’un risque de formation de tempête tropicale l’ensemble de la flotte doit passer une « porte entre les îles du Cap Vert de Santo Antao et Sao Vicente. Le risque de tempête étant plus faible sur une traversée de l’atlantique plus au sud.
En ce qui me concerne j’aborde cette traversée sereinement et avec impatience. Un deuxième départ est donné !!

Rendez-vous en Martinique dans moins de 3 semaines.

Pour suivre la course en temps réel:
http://www.minitransat.fr/suivi-de-la-course/cartographie
www.evaluna667.com

Mini Transat / La 1 er étape de Thibault Michelin

Le 1 er Octobre, je prenais le départ de la 1ère étape de la Mini Transat : La Rochelle / Las Palmas de Gran Canaria. Nous étions 81 concurrents à partir.

Après 10 jours de préparation sur place, c’est curieux de se dire que l’on part enfin.  Toutes les familles sont présentes et les spectateurs sont nombreux. Ça y est je touche enfin au but après une année de préparation. Curieusement, je ne suis pas plus anxieux que sur les autres courses, au contraire.

Le temps est gris, humide mais le vent est assez calme. Nous allons partir au près pour les 48 premières heures. Il s’agit de remonter au vent pour passer le cap Finistère en Espagne. Le départ est donné en baie de La Rochelle, et c’est l’occasion d’un dernier au revoir à la famille qui me suit sur un bateau loué pour l’occasion.

Après 48 heures de navigation nous arrivons au large des côtes espagnoles. Comme prévu, le vent tourne et monte en puissance. Sous spi, le bateau glisse entre 10 et 13 kn. Je reste assez prudent, la mer est grosse et je ne veux pas me risquer à casser du matériel. A ce moment-là, je me situe autour de la dixième place, la tête de la flotte est à portée de radio, tout va bien.

La nuit tombe, nous évoluons dans une zone très fréquentée par les pécheurs espagnols. J’en croise une bonne dizaine au cours de la nuit. Dans ces conditions, il faut imaginer le bateau à pleine vitesse, dégringolant les vagues. Il n’est pas forcément aisé de calculer les routes de collisions potentielles… Bref je ne ferme pas l’œil de la nuit. Après cette nuit agitée, j’arrive à proximité du rail des cargos du cap Finistère, une zone réservée à la navigation commerciale interdit par la direction de course.

Sous le vent du Cap espagnol, le vent est un peu moins fort, mais l’accalmie est de courte durée. En nous écartant des côtes, la mer et le vent remontent en puissance. Les conditions météo sont toutefois un peu plus faibles que prévu. Le plus difficile à gérer reste la houle. Je l’estime autour de 3 mètres. Quand le bateau en fait 6.50, on est bien en contact avec les éléments !

Au cours de la journée le pilote automatique fait deux erreurs : le bateau empanne et se couche à deux reprises. C’est à ce moment que la grand-voile « dé ralingue » et sort du mat sur un mètre en haut par le haut de la voile. C’est un gros problème, je risque de déchirer la voile si je n’interviens pas rapidement. Je dois donc affaler la voile et repartir au plus vite. Malheureusement, à la manœuvre suivante le problème se renouvelle. Le bout qui assure la rigidité de la voile à cet endroit est compressé. Je tente de le rigidifier en collant de « l’insigna » (un autocollant de réparation pour voile). Je perds beaucoup de temps et d’énergie. A chaque fois que la Grand-voile sort du mat, je dois affaler l’affaler, changer ma trajectoire, remonter au vent, hisser les voiles à nouveau et repartir. C’est très fatigant ! Je perds également beaucoup de distance sur mes concurrents. À la fin de la journée, le vent est encore plus fort. Fatigué, j’affale mon spi pour m’accorder quelques siestes (je n’ai pas dormis depuis 24 heures).

Au cours de la nuit, le vent et la  mer se calment, je ré-envoie mon grand spi. Au petit matin, j’empanne de nouveau pour me rapprocher des côtes portugaises. Je n’ai plus aucun concurrent en visuel et rentre dans une zone de vent faible. Je n’ai pas encore réussi à capter un bulletin météo de qualité avec ma radio.

Seul, sans vent, c’est à ce moment que l’on se pose le plus de questions : « Est-ce que je choisis la bonne route..,? Pourquoi le vent est-il si faible ? Est-ce que les concurrents avancent aussi peu que moi ?  »  Je retrouve un contact par radio avec un concurrent au bout de deux jours, et comprends alors que je ne suis pas si bien placé que cela au classement. En revanche il reste encore beaucoup de distance à parcourir et rien n’est perdu.

Le jour suivant le vent se remet à souffler entre 15 et 20 kn. Super !! Je me rapproche un peu plus du but !! Malheureusement cette parenthèse ne dur que trop peu de temps. Le soir même le vent baisse à nouveau. Nous sommes partis depuis 6 jours et il reste environ la moitié de la distance à parcourir. Les prévisions de routages en 8 jours paraissent désormais impossibles. Heureusement que j’ai prévu plus de nourriture. Il me reste 20 litres d’eau, je dois quand même faire attention à ma consommation.

Les jours qui suivent sont encore plus faibles que les précédents. A l’approche de l’île de Madère je reste carrément stoppé une douzaine d’heures… J’en profite pour affaler les voiles et me baigner. Quand on n’avance pas, seul sur le bateau, sans moyens de communication avec la terre, le temps parait très long ! Heureusement, quelques concurrents sont à portée de radio. Par hasard, je retrouve mes copains du centre d’entraînement Pierre et Tom. Nous évoluons ensemble quelques dizaines d’heures. La zone de vent faible est très vaste. C’est un peu la loterie.

J’arrive peu à peu à avancer, le dixième jour la flotte se resserre. Je suis dixième au classement, le groupe devant moi se situe à moins de 20 Milles et mes poursuivants également.

Je suis à moins de 200 Milles de l’arrivée, soit moins de 24 heures si les conditions de vent se maintiennent. Motivé, je fais tout pour avancer au mieux dans l’espoir de recoller avec les premiers. Malheureusement, le soir je rentre à nouveau dans une zone de vent faible… Je suis complètement stoppé. Sur le coup, je trouve ma situation vraiment injuste : deux bateaux à moins de 2 Milles de moi parviennent à s’échapper dans un micro souffle d’air… Moi, je ne trouve rien, et fais le bouchon tout la nuit…

Le lendemain matin, le verdict est sans appel : j’ai perdu 7 places, le groupes de « poursuivants » se situant plus à l’ouest ayant bénéficié d’un vent régulier toute la nuit. J’ai 35 Milles de retard (70km). Je sais que cela va âtre difficile à récupérer mais j’ai encore espoir d’y arriver.

Le vent remonte progressivement et j’avance à bonne allure. En début de nuit j’aperçois l’île de Gran Canaria. Au fur-et-à-mesure que je me rapproche, j’entends les concurrents à la radio. Je comprends à présent que je n’ai pas réussi à récupérer mon retard malgré la bonne moyenne de cette dernière journée. Je franchis la ligne d’arrivée en quinzième position, à 3 heures 50 du matin, content de toucher pied à terre.

Je suis évidemment déçu du résultat mais je relativise rapidement car je me rends compte que l’écart de temps avec les premiers est très faible. Rien n’est donc joué pour la seconde étape !

J’ai encore appris énormément sur mon bateau et sur ma façon à gérer une course en solitaire.

Je dois à présent trouver une solution pour rigidifier le guindant de la grand-voile et améliorer mon système de pilote automatique pour gagner en précision.

Je suis encore plus motivé pour prendre le départ de la deuxième étape !

 

C’est parti pour la Transat Mini !

 

Thibault est parti dimanche à 16h pour la première étape de la Transat Mini qui doit le mener jusqu’aux îles Canaries ! la préparation s’est bien passée, tout était prêt pour affronter la mer. Le départ s’est fait dans des conditions humides, au près, avec un grand nombre de bateaux venu encourager les ministes. Des photos du départ seront postées dans les prochains jours…

 

 

 

 

Vous pouvez suivre la courses sur le site de la Transat mini : http://www.minitransat.fr/suivi-de-la-course/cartographie

Thibault est pour l’instant proche des leaders, en 12e position. La situation devrai se décanter à la prochaine bascule de vent.

 

A suivre…

J-7 avant le départ

Bien arrivé à La Rochelle !!

Voici le village de course sous un soleil estivale.

Le rythme de la semaine est intense et les contrôles de sécurité son nombreux mais l’ambiance et l’accueil chaleureux sont vraiment au rendez-vous.

Dernière sortie de l’eau demain pour le prologue.

Ci dessous un lien vers une vidéo lors du convoyage Concarneau- La Rochelle la semaine dernière.

à bientôt

En plein chantier sur Eva Luna

 

Après des vacances bien mérité, il est temps de reprendre le travail sur Eva Luna.

Les Missions : étanchéité du pont, pose des panneaux solaires, retouches peinture, vérification complet du gréement et matelotage…

La mise à l’eau est prévu pour vendredi 1 er Septembre.

Il me restera ensuite 15 jours de navigation à Concarneau pour reprendre la main et tester le matériel en mer.. puis ce sera le grand départ vers la Rochelle le 20 septembre.

J-34  !!!!

 

Au taquet

Le film de ma Qualification hors Course

Bonjour à tous,

Le film retraçant ma semaine de mer en solitaire lors ma qualification à la Mini-Transat est disponible via le lien ci-dessous.

En espérant qu’il vous plaise.

N’hésitez pas à partager sans modération.

Amicalement

Thibault

 

Mini Fastnet. Le récit de la course sur Eva Luna

Dimanche dernier je participais avec mon acolyte, Pierre Denjean,,à la Mini Fastnet .

Quelle joie de prendre à nouveau le départ de cette course légendaire !

La Fastnet est une course de 600 milles Nautiques. Le but de la navigation est d’aller tourner autour du mythique phare construit sur le rocher du Fastnet, sur la côte sud Irlandaise. Elle se court en double, le parcours dure environ 4 jours. Cette année 54 bateaux étaient au départ.

L’année dernière j’y participais pour la première fois sur le bateau de mon ami « J-J ». Nous découvrions la course en double, plusieurs jours à bord d’un tout petit bateau et finissions la course à la 35ème place.

Cette année, sur mon bateau et avec un peu plus d’expérience engrangée, le contexte n’était pas le même. Pierre Denjean, qui a participé à la première course en double de la saison avec moi, était à nouveau mon équipier.

Ce qu’il faut retenir de la course :

Les deux tiers de la course se sont déroulés travers au vent. Une allure pour laquelle mon bateau n’est pas des plus performants (par rapport aux bateaux de dernières générations à nez rond). Nous le savions avant le départ. Notre objectif : top 10 au minimum. De mon côté, il s’agissait aussi de prendre encore un peu plus d’expérience avec le bateau en vue de la Mini-Transat.

Le premier jour, nous passons la bouée de dégagement dans le premier tiers de flotte, et s’en suit un bord de travers de plus de trente heures… À ce moment-là, nous sommes classés 9ème prototype, et conserverons ce classement jusqu’à la mer d’Irlande.

Après 30 heures de course le vent fini par adonner et forcir. Nous passons la deuxième nuit sous spi Médium à 15 kn de moyenne, 17 kn dans les surfs ! c’est extrêmement grisant ! A cette allure, le bateau décolle complètement au-dessus des vagues, il vole presque… Toutefois, je sens en même temps que le bateau n’est pas si bien réglé. Il accélère très fort dans les risées et plante parfois violemment dans les vagues. J’ai mis beaucoup de surface de voile et peut être pas assez reculé le mat…

Avant d’aller se reposer à l’intérieur, Pierro me lance : « Ouaip… c’est un peu Punk quand même là.. » . Je n’ai pas envie de réduire la voilure tout de suite, je veux pousser le bateau un peu plus. Une heure plus tard, alors que je suis à la barre, j’entends un fort craquement et vois ma vitesse chuter d’un tiers. J’éclaire les voiles avec ma lampe, le spi s’est carrément éventré sur plus de deux mètres. Irréparable. Ce spi était usé et j’hésitais à le conserver pour la Transat, il vaut mieux qu’il claque maintenant. Je renvoi une plus petite voile, règle le bateau à nouveau et nous revoilà parti au planning… Finalement bien réglé, le bateau n’avance pas moins vite.

Nous arrivons en vue des côtes Irlandaises dès le petit matin, le spectacle est magnifique, des prairies, des falaises… un mélange de vert et de noir, on se croirait dans Tintin. Nous passons le phare du Fastnet quelques heures plus tard, un énorme rocher battu par les vagues. Nous affalons le spi et reprenons notre route en direction des côtes françaises.

Pfff…encore plus de 24 heures à parcourir vent de travers… peu d’options possibles. On fait la sieste, on se raconte nos vies, le bateau est exigu et très peu confortable. Heureusement qu’on s’entend bien.

Le lendemain, nous arrivons au niveau du rail d’Ouessant. Point de passage obligatoire pour les énormes cargos qui quittent la Manche pour l’Atlantique. C’est une autoroute, on slalome entre les mastodontes.

Le soir même, le vent se met à mollir et à revenir au portant à nouveau, de bonnes conditions pour nous. Nous envoyons notre plus grand spi, mais la nuit tombe et le vent avec. Il fait très noir, humide, et le vent est très faible… Le spi se gonfle difficilement.

Nous sommes tous les deux sur le pont à guetter les moindres risées pour faire avancer le bateau. Pierre règle le spi, je gère le pilote automatique et contrôle les concurrents sur l’AIS.

(L’AIS est un système qui nous permet de connaître la position, la vitesse et le cap des bateaux à proximité. Initialement prévu pour éviter les abordages en mer l’AIS est une véritable aide en régates pour contrôler les concurrents.)

Avec un peu de chance et d’audace, nous décidons d’empanner pour nous positionner plus à droite des concurrents. Ce choix s’avérera payant. Nous creusons l’écart de 5 Milles avec nos concurrents arrières et prenons une place de plus au classement.

Nous passons donc la ligne d’arrivée Jeudi à 8H59 après 3 jours et 18 heures de course, à la 7ème place.

Je suis désormais 4ème au classement général, la régularité paie et c’est de bon augure pour la Transat ! Je vais désormais prendre une petite pause pour l’été, et reviendrait en Août pour finir de me préparer à fonds !